Une tentative de blog à plusieurs mains. Pour réunir des trucs qu’on ne voudrait pas montrer à nos grand-mères mais qu’on prend plaisir à faire quand même.
Vous savez, ces trucs au fond d’une cave ou sous une couette, ces trucs qui nécessitent un sécateur, des allumettes ou de la vaseline, ces trucs chauds et humides, toujours meilleurs à plusieurs qu’en solitaire : se moucher dans ses doigts, dire des gros mots, jouer à touche pipi, disséquer le chat du voisin…et rire, évidemment.

7 mai 2013

Trompette & Luna à Decize (par Lunatik)

Compte rendu absolument subjectif et nombriliste d'un week end à Decize, pour le salon de la nouvelle et le prix Littér'Halles 2013. Avec de la vraie vérité dedans (en quantités variables).
Trompette Sournoise* et moi même étions chaleureusement invités, chaperonnés par notre éditeur (unique et) préféré, Quadrature, représenté pour l'occasion par l'incontournable Saturnin* et sa douce moitié, Dominique.

Nous avons, comme l'an passé, été accueillis assez royalement, bien que Trompette soit arrivé à la bourre au dîner suite à un malencontreux détour par la Route des Vins (qu'on ne vienne pas me raconter que c'est un hasard). La maîtresse de maison, qui s'angoissait déjà passablement quant à la cuisson de ses petits plats mis dans les grands, a verdi un peu plus vers 20h30 en apprenant vers quel lieu incertain l'animal était parti s'égarer alors qu'il avait juré craché d'arriver à 17h46 (heure locale). 
Finalement, quand Trompette parut, rien n'avait cramé, et le repas s'est déroulé tranquillement, ponctué par mes éternuements, reniflements et mouchages. J'étais balade. J'ai eu un peu de mal à suivre ce qui se disait parce que j'avais les neurones englués dans la morve.

Le lendemain matin, après un réveil avec vue sur le jour naissant sur la Loire, ma logeuse, Marie Angèle, m'a concocté un petit déjeuner comme je n'en avais jamais eu : croissant et pain tout frais, orange pressée, lait au miel de thym (pour mon rhube),  petites fraises sucrées marinées dans le jus d'orange... Dire que j'étais comme un coq en pâte serait au dessous de la vérité. On a discuté suffisamment longtemps pour arriver au salon largement après tout le monde (non sans avoir fait un petit détour le long de la Loire en crue, qui offrait un spectacle impressionnant)



Ensuite, les choses sérieuses ont commencé.
Après quelques échauffements et assouplissements du poignet, j'ai pris place aux côtés de Trompette et nous avons attendu le chaland. Il faut savoir que nous avons tous deux un talent indéniable et un don inné pour la vente. Je veux dire, malgré les apparences, on n'est pas du genre sauvage. La légende selon laquelle Saturnin se serait écrié, au beau milieu d'un repas : "Bon sang mais qui est ce qui m'a fichu deux asociaux pareils ?!" n'est qu'une rumeur infamante à laquelle toute personne de bon sens ne saurait prêter foi.
Quoi qu'il en soit et quoi qu'on en pense, nous avons signé et dédicacé au coude à coude, dans un bel esprit d'équipe, sans jamais copier l'un sur l'autre (faut dire que Trompette tient son stylo bizarrement et, de fait, son bras me cachait toujours sa prose).



Le midi, remise du prix Litter'Halles à Patrick da Silva pour son recueil A la guerre. Je devais lui passer le flambeau, dans un geste plein de superbe et de solennité. Bon, je suis pas fortiche en effet de manches, du coup je lui ai refilé le truc comme j'ai pu, et ça a été l'occasion pour les éditions Rhubarbe et leur auteur, Jean Paul Rousseau, de se foutre gentiment (mais allègrement) de ma poire. 
Tsss.
Puis repas à la cantoche, moins goûtu que celui de la veille, indéniablement ; et j'ai eu bien du mal à ouvrir la barquette pour atteindre ma pitance (les ouvertures faciles, c'est toujours compliqué, c'est un miracle que mes patates et ma mousse de chais pas quoi n'aient pas atterri sur les genoux de Dominique ou dans la poussette du mioche quelque part sur ma droite)



L'après midi, nous sommes retournés à notre labeur. On a discuté et re-dédicacé un peu, avec un bel ensemble : les gens achetaient souvent nos deux bouquins à la fois, c'était marrant ; ça m'a rappelé mon premier salon, aux côtés de Frehelle* qui signait à tour de bras alors que personne n'approchait mes Crocs à moins de deux mètres. Un détour aux WC m'avait pourtant confirmé que je ne présentais aucun signe de peste bubonique ou autre crotte de nez sous narinale.

Un homme un peu étrange est venu me féliciter (après un bon moment d'observation qui aurait pu finir par me mettre mal à l'aise) d'avoir écrit moi même mon bouquin. Les autres, parait il, n'en font pas autant. Trompette l'a d'ailleurs immédiatement conforté dans cette idée en avouant n'avoir fait que signer les textes de son recueil.



EmmaB et Rosaura nous ont gratifiés du plaisir de leur présence et ça, c'était une chouette surprise. Rosaura a profité de nos conseils avisés et totalement contradictoires sur la manière d'écrire. L'un est contre les chutes, l'autre est pour. L'un écrit tout d'un bloc, dans l'urgence, et revient ensuite tailler dans le gras, chirurgicaliser et reconstruire. L'autre passe son temps le nez au vent, les mains en suspens au dessus du clavier pour ne lâcher qu'une phrase au quart d'heure, qui sera ensuite examinée au microscope et polie avant d'enchaîner sur la suivante. La bonne nouvelle c'est que les deux s'accordent à dire que c'est laborieux, éprouvant... mais jouissif ! Si avec ça elle n'écrit pas un best seller, c'est à désespérer d'elle.

Une fan de Trompette a insisté pour nous prendre en photo. Sachant que c'était sa fan à lui personnelle, j'ai voulu plier bagage pour aller me planquer derrière la bannière de notre stand. Malheureusement, pour une raison mystérieuse, la demoiselle voulait nous immortaliser ensemble. Chacun sait (ou pas) que j'ai une sainte horreur des photos, ce qui a donné lieu à des scènes relativement cocasses : Luna la tête dans ses mains, Luna derrière la Fée Amphète, derrière la bannière, derrière sa photo de stand, Luna de dos, Luna derrière un Trompette grimaçant faisant courageusement barrage de son corps, Luna sous la table... Cette demoiselle était tenace. Elle est néanmoins repartie bredouille, ce qui est bien dommage pour elle.

Les éditions Lunatique puis leur auteur, Elodie Da Silva*, sont fort aimablement venues investir leurs petits sous dans nos fée et crocs. Merci à elles et à tous ceux qui ont mis la main à la bourse ou à la pâte.

Voilà.
Y a peut être encore des choses à dire mais le soleil se pointe alors je vais plutôt aller faire un tour dehors.


*alias Arnaud Modat, auteur du cultissime recueil La Fée Amphète aux éditions Quadrature (que ceux qui ne l'ont pas encore lu l'empruntent à la bibliothèque, le volent à la Fnac ou le commandent en cliquant ici)

*alias Patrick Dupuis
*alias Gaëlle Pingault
*auteur de Mauvais potage, finaliste de Litter'Halles