Une tentative de blog à plusieurs mains. Pour réunir des trucs qu’on ne voudrait pas montrer à nos grand-mères mais qu’on prend plaisir à faire quand même.
Vous savez, ces trucs au fond d’une cave ou sous une couette, ces trucs qui nécessitent un sécateur, des allumettes ou de la vaseline, ces trucs chauds et humides, toujours meilleurs à plusieurs qu’en solitaire : se moucher dans ses doigts, dire des gros mots, jouer à touche pipi, disséquer le chat du voisin…et rire, évidemment.

16 novembre 2011

Training (par Castor)


   Bon, c’est pas un grand tableau, hein, juste un dessin d’anatomie. J’espère que le nu ne va choquer personne, parce que ce n’est pas le but, n’est-ce pas ?
   A l’époque où je l’ai dessiné, je cherchais désespérément des photos de modèles (je n’avais pas internet) autres que celles des grands livres spécialisés qui coûtaient l’appeau d’Hucku, et dans lesquels les poses étaient confites, stylisées ou carrément à la limite du loufoque. Je voulais des postures de la vie de tous les jours, naturelles et décontractées. Les castings de bellâtres étaient exclus, pour les raisons que j’ai déjà évoquées quelque part dans mon blog. En réalité, pour éviter de me griller auprès de la jolie brune du coin de la rue.
   J’ai donc eu une idée qui en vaut une autre, et je suis allé à la maison de la presse pour chercher des revues de naturisme. Et  là, je suis tombé sur ce que je voulais, direct. Quand je dis tombé, ce n’est pas le terme exact, il a plutôt fallu que je saute pour attraper ce magazine. Les libraires français sont persuadés que cette lecture pour pervers se range avec les revues de boules, à un emplacement pratiquement inexpugnable, et ça doit les amuser de voir des excités dans mon genre se tortiller pour attraper l’objet de leurs convoitises.
   C’était l’édition mensuelle française d’une publication anglo-allemande (les Allemands, on leur doit ça, n’ont pas ce genre de préjugés idiots), d’une soixantaine de pages avec un texte minimal, et plein de grandes photos noir et blanc-z-et-couleur, de gens de tous âges s’ébattant au bord de lacs, jouant, courant, mangeant et roupillant, vus de face, de profil, de c… de dos, etc. L’idéal pour mon training, quoi.
   L’argument marketing de la revue était simple : grand nu en couleurs de face sur la une de couv, et la même chose vue de derrière sur la quatrième, à la grande joie de ma libraire, quand j’allais payer. Inutile de dire que cet ovni a disparu des bacs quelque temps plus tard, juste le temps que la censure parvienne à courber suffisamment le balai coincé dans son fondement pour se pencher sur ce cas.
   Voilà donc le dessin sans prétention d’un jeune bellâtre – désolé, Musa, pas de quoi fantasmer – dont j’espère que la technique, encore rudimentaire à l’époque, vous plaira.