Une tentative de blog à plusieurs mains. Pour réunir des trucs qu’on ne voudrait pas montrer à nos grand-mères mais qu’on prend plaisir à faire quand même.
Vous savez, ces trucs au fond d’une cave ou sous une couette, ces trucs qui nécessitent un sécateur, des allumettes ou de la vaseline, ces trucs chauds et humides, toujours meilleurs à plusieurs qu’en solitaire : se moucher dans ses doigts, dire des gros mots, jouer à touche pipi, disséquer le chat du voisin…et rire, évidemment.

30 mai 2011

Sept obscurs objets du désir (1 : de l'acédie thomiste sans spiritualité) (par Açir Tanaka)

D’aucuns prétendent que la paresse est la mère de tous les vices ; si d’aventure, elle possède réellement le pouvoir de générer tant de perversions, il serait fort dommage de ne pas sombrer en son pouvoir. D’ailleurs, quoi de plus aisé et naturel que la paresse ? Certes, nombre de dépravations nécessitent inventivités et efforts, sans compter tout un tas d’accessoires aussi onéreux que superfétatoires. Pourquoi investir dans l’achat d’un fouet lorsqu’une main peut produire un effet presque similaire ? Pourquoi dépenser en godemiché alors que tant de queutards ne demandent qu’à utiliser leur engin, quel qu’en soit la visée ? Quid de ces objets transitionnels, l’homme ne se suffirait-il plus à lui-même ?
Enfin, de nombreux vices sont à la portée de tous, sans matériel annexe, sans préparation dispendieuse, tout en octroyant une félicité subtile. La méchanceté gratuite, pour ne citer qu’elle, est, en plus du plaisir intense qu’elle procure, d’une facilité déconcertante : il suffit tout simplement de se laisser aller à sa nature humaine, empreinte de bassesse – n’est-ce pas un des traits qui font de nous des êtres supérieurs aux animaux ? Et que dire de la masturbation et de son effort minimum ? Michel Tournier en glosait admirablement dans Les Météores, notant avec quelque raison que la position naturelle de la main la place devant le sexe ; un peu d’imagination (certains diraient d’immoralité) fait le reste. Les exemples pourraient se multiplier à l’infini.
Alors, pourquoi se contenter de misérables péchés véniels lorsque le mouvement moindre nous conduit vers de plus hautes destinées ? Voyez grand, que diable !